Christine Marecki

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Témoignage

Un été au Burundi...

Ce que je retiens de mon passage au Burundi...Avant tout, que ce fût une expérience hors du commun. Du moins, de mon commun, donc de mes repères, de mes valeurs et de mes habitudes de vie. Évidemment, ce pays est d’une beauté verdoyante parsemé de terre rouge, riche et intense. Au-delà de ce magnifique paysage bordé de collines et de bananiers, se trouvent des odeurs, des couleurs, des tissus, des aliments et un langage formant la culture unique de ce pays.

Lors de mon séjour là-bas, entouré de plusieurs jeunes provenant de différents pays, avec donc des coutumes, des façons de faire et des mentalités différentes des miennes. Nous avons pu échanger et partager sur nos modes de vie, nos ambitions, nos rêves et nos valeurs. Nous avons appris des autres cultures et nous avons conservé une ouverture et un partage avec l’autre afin de retirer le maximum de cette expérience.

Je n’ai pas rencontré un peuple amer ou triste malgré la pauvreté que j’y ai vu. J’ai vu des gens sortis d’une crise, et donc heureux, plein d’espoir, qui entrevoient un avenir ou règne la paix et la solidarité, travaillant à la reconstruction de leur pays. Je n’ai pas entendu là-bas les gens se plaindre de leur situation. Des jeunes scolarisés, fiers de leurs opinions, curieux des autres qui veulent s’impliquer et travailler.

Ce qui marquer le plus est dans un premier temps les enfants. Ils ont été très présents durant mon aventure. J’ai vu beaucoup d’enfants, partout. Des familles nombreuses, des enfants dans les rues, des enfants qui vendent arachides et fruits de toute sortes, des enfants et des gens qui marchent, observent, sourient, travaillent, cultivent, toujours, autour de nous.

J’ai remarqué aussi des différences dans les habitudes et les mentalités sur différents sujets encore tabou là-bas. Les Burundais ne se confient pas facilement sur ce qu’ils ont vécu et ont des interdits sur certains sujets comme l’homosexualité, les maladies sexuelles, le sexe...Nous n’avons pas les mêmes habitudes ou idées sur la religion, la famille, le couple, le mariage...Mais le forum est aussi construit afin de pouvoir échanger et rester ouvert à l’autre culture, tout en acceptant et respectant les différences culturelles.


Le rythme est aussi très différent. Cela nous rappelle que nous sommes basés sur la production, la vitesse, le stress et le rendement. J’ai vu et dû apprendre à accepter à prendre mon temps, à attendre, à ne pas avoir d’objectif à court termes ou de résultats instantanés. J’ai donc pratiqué ma patience, ma tolérance et j’ai réalisé la chance que nous avions ici sur différents aspects, mais les carences que nous avons aussi. Nous avons peut-être oublié certaines choses fondamentales sur l’être humain et le temps de vivre aux dépends des résultats et de la production.

Le voyage a été intense en découvertes, en surprises et très enrichissant à plusieurs niveaux. J’ai apprécié cotoyer les gens, découvrir
le langage, les organismes, les activités et la
nourriture de là-bas. Je suis très heureuse et fière d’avoir contribuer au développement et à la reconstruction de ce pays, d’avoir fait de belles rencontres et d’avoir pu comprendre ou découvrir une réalité que la mienne.

Comme dans tous les groupes, il y a eu des moments plus difficiles ou nous étions plus impatient sur la manière d’agir des gens. Je n’étais pas toujours d’accord avec la manière de procédé ou d’agir en temps normal ou de conflit. L’organisation n’était pas toujours évidente, mais je crois que tout le monde a participé et appris de cette expérience.

Si la jeunesse forme le monde...C’est ainsi, qu’avec toutes ses richesses et sa volonté, le Burundi a tout pour se reconstruire.

Christine Marecki
Montréal-Québec, Canada
participante