Geneviève Boulanger

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Témoignage

Burundi sous un nouvel œil

Comment commencer ou comment rendre aux mots, la saveur de ce que j’ai découvert cet été au Burundi avec le forum. En arrivant au Burundi après 23 heures d’avion et une nuit en Éthiopie, nos bagages ne nous ont pas suivis jusqu’ici. Je vous le dis tout de suite, ils sont arrivés le lendemain. Entre-temps la dame chez qui nous logions, nous a accueillis chez elle très chaleureusement. Elle nous a même prêtée des vêtements. Le lendemain, nous sommes allés nous détendre sur une plage du lac Tanganyika, c’est l’une des premières fois où je me suis sentie vraiment regardée ou observée. Ce n’est pas un regard mal sain, mais plutôt curieux et captivé. Il faut s’y habituer parce que ce sera comme ça tout au long du séjour.

J’ai découvert un pays de collines avec beaucoup plus de verdure que j’imaginais pour la saison sèche. En arrivant au lycée Don Bosco, à Ngozi où nous étions logés canadiens, belges, congolais et burundais pour les 2 prochaines semaines, c’est un autre côté du Burundi que l’on découvre ...

Par exemple, les toilettes, un trou avec deux briques, m’ont laissé une forte impression. Au début, aller à la toilette était plutôt pénible, mais après je m’y suis habituée et ce n’est pas si pire finalement.

Aussi, sur le terrain de l’école, il y avait beaucoup d’enfants, sales, avec des vêtements souvent déchirés, avec ou sans sandales, mais heureux (satisfaits, à l’aise) avec le peu qu’ils possèdent. Je ne dis pas qu’ils ne seraient pas mieux avec un peu plus, mais je n’ai jamais vraiment eu l’impression qu’ils faisaient pitiés.

Une chose marquante, c’est la gestion du temps ou la non gestion du temps. Souvent, être à l’heure, ça ne voulait pas dire grand-chose, ce qui était assez frustrant surtout quand il y avait des tâches à faire. Mais le
truc c’est que nous étions en Afrique, ce n’est

pas pareil... Je crois j’aurais dû être plus flexible, et sûrement que certaines situations se seraient déroulées différemment. La communication est aussi différente, je crois, avec du recule, que j’aurais aussi pu faire mieux.

En ce qui concerne le chantier, je retiens beaucoup de poussière et que les locaux, qui étaient sur le chantier, travaillaient vraiment à la sueur de leur front. Juste quelques heures de travail et moi j’étais crevée. Alors qu’eux étaient là toute la journée, ça demande de la résistance et de la persévérance.

Je garde de bons souvenirs des gens que j’ai rencontrés durant le forum. J’ai trouvé que les burundais étaient très attentifs en vers nous que ce soit pour nous éloigner de la route parce qu’un vélo arrive ou pour nous aider avec les quelques mots de kirundi que nous retenions. Aussi malgré nos différences, qui prenaient parfois le dessus sur nos points communs (qui étaient plus nombreux), nous avions tous beaucoup à apprendre les uns des autres.

Voilà pour finir, je vais le dire, l’Afrique subsaharienne était la dernière place où je voulais allée, maintenant je dirai que si c’était à refaire je recommencerais sans hésitation. Je regarde maintenant l’Afrique, du moins le Burundi, avec un autre œil. J’espère aussi que, ce que j’ai appris ici va ce refléter dans mes actions et mes décisions.

Geneviève Boulanger
Châteauguay, Québec, Canada
Participante