Kris Berwouts

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Témoignage

Une œuvre précieuse pour sortir le Burundi de l’ombre

Depuis plus de dix ans, un conflit déchire le tissu social du Burundi. Cela a a trop duré ! Les destructions occasionnées marquent, de manière évidente, la vie quotidienne de la majorité des Burundais. Suite au conflit, 300.000 Burundais, la plupart des civils, sont morts depuis 1993, un demi- million s’est réfugié à l’étranger, principalement en Tanzanie, et plus de 280.000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Sur le plan de la santé, la guerre a détruit plusieurs hôpitaux et de nombreux centres de santé. Le personnel soignant est réduit à 1 médecin pour 24.898 habitants. La tendance à la privatisation des soins, les ont rendus inaccessibles à une grande majorité de la population. L’accès à l’eau est également problématique : seulement 42% de la population rurale accède à l’eau potable, avec, de nouveau, des conséquences graves pour la santé. Au niveau de l’éducation, il est à noter que les abandons scolaires sont nombreux. Au cours de l’année 2001-2002, plus de 50.000 élèves ont quitté les bancs de l’école primaire.

Les chiffres nous frappent tant ils sont hallucinants, mais nous touchent-ils, nous interpellent-ils réellement?
En 10 ans, le conflit au Burundi a, à peine, provoqué l’attention de l’opinion publique tant européenne que mondiale. Les médias internationaux sont rarement sur le terrain et, étant donné l’embargo imposé, les représentants de la communauté internationale ne visitent que très occasionnellement le pays. Il semble que le conflit au Burundi soit devenu un conflit oublié, qui dure depuis trop longtemps et qui parait trop complexe. Mais est-ce pour autant une crise sans issue?  Le Protocole d’accord  du 8 octobre dernier, signé entre le gouvernement et le mouvement CNDD FDD, portant sur le partage des responsabilités, donne de l’espoir. Cependant, les acquis restent fragilisés par l’absence du mouvement rebelle PALIPEHUTU-FNL aux négociations.

L’exposition photos « Burundi aux confins de l’espoir et du désespoir » nous change des statistiques et des sombres images du désespoir. Ces images nous interpellent et réussissent à présenter le Burundi d’une manière positive en le faisant émerger de l’ombre. A travers ces visages d’enfants souriants, ces jeunes construisant une école détruite, cette jeunesse burundaise pleinement engagée dans la construction de la paix durable, les clichés nous plongent dans la vie quotidienne des Burundais et nous montrent qu’il existe des voies pour sortir de la désolation. Le travail de ces jeunes donne du courage. Le Forum des jeunes Nord-Sud est un outil concret et efficace de réconciliation.  L’engagement de la jeunesse est précieux pour le futur de la société burundaise et pour la paix durable dans toute la Région des Grands Lacs.

11.11.11 souhaite encourager les chances de la paix dans la Région des Grands Lacs, d’une part, en soutenant les partenaires locaux, actifs dans le domaine des droits de l’homme, de l’éducation civique et du développement et d’autre part, en agissant comme plaidoyer auprès de la communauté internationale. Au Burundi, 11.11.11 soutient la Ligue burundaise des droits de l’homme ITEKA, le centre d’études et d’analyse politique: l’Observatoire d’Action Gouvernementale, et l’Association des femmes juristes.

Ensemble avec ses partenaires, 11.11.11. plaide auprès de la communauté internationale pour :

- Faire pression sur tous les belligérants afin que la guerre au Burundi s’arrête le plus rapidement possible

- Aider le Burundi à entreprendre des programmes de lutte contre la pauvreté

Kris Berwouts